Addis Ababa, Ethiopia & the Horn of Africa in Ancient Photography & Maps ⎢ Addis-Abeba, l'Éthiopie & la Corne de l'Afrique dans la photo et les cartes anciennes

Auteur/autrice : Serge DEWEL Page 1 of 7

Docteur en histoire moderne (Corne de l'Afrique). Étude des constructions urbaines patrimoniales, mémorielles et identitaires, ainsi que de l'usage des sources graphiques (cartographie, photographie...) en histoire. Historien des religions sur la thématique des christianismes orientaux.

Nouvelle parution

ETHIOPIE, UNE HISTOIRE. Vingt siècles de construction nationale

The 1965 official visit of Queen Elizabeth II and Prince Philip, the Duke of Edinburgh

Addis Ababa 1965

Usage de l’image satellite en histoire

L’emploi d’images prises par satellites est désormais largement répandu dans les sciences. Les sciences humaines et sociales ne font pas exception, pour autant ce type d’imagerie recouvre le plus souvent une fonction avant tout pédagogique.

Contrairement à la géographie —science des espace des hommes—, l’histoire, discipline longtemps déconnectée du monde visuel, se limite à produire ces images en appui à un discours. Les images par satellite servent à illustrer un exposé ou les conclusions d’une démonstration. C’est passer à côté d’une part de la potentialité de ce type de documents que se limiter à un usage pédagogique, alors que cette imagerie offre des renseignements —et surtout une vision— difficilement accessibles autrement. Les images par satellite doivent compter parmi les sources.

La contemporanéité de l’image, par rapport à un discours épistémologique qui se construit sur l’épaisseur chronologique, peut déconcerter de prime abord. Et c’est sans doute la cause de son faible usage en histoire qui privilégie la dimension temporelle. Néanmoins, l’histoire ne s’arrête pas sur le seul temps long et l’observation des images produites par satellite permet d’identifier et d’observer le jeu des permanences et des ruptures, de deviner des intentions ou des conséquences. L’imagerie par satellite ne montre pas que l’espace ou la marque des sociétés humaines sur l’espace ; celles-ci n’étant que l’expression de politiques, de mentalités ou de représentations qui évoluent  —ou se figent— dans le temps.

En France, le CNES (Centre National d’Etude spatiale), en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse, a développé le site Géoimage dont la vocation pédagogique est primordiale. Des images de qualité, accompagnées de dossiers d’analyse, couvrent progressivement les continents et la Corne de l’Afrique est documentée par deux dossiers : Djibouti et Addis Abäba.

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Le café d’Éthiopie : une tradition inventée

La découverte du café et l’origine de son usage se perdent dans les légendes et les traditions. Cependant, c’est sur les hautes terres de l’est et du sud de l’Éthiopie qu’il pousse de façon sauvage. Le caféier est endémique dans les forêts de plusieurs régions d’Éthiopie, et vous pouvez encore y observer des caféiers géants, arbres d’une douzaine de mètres de haut. C’est le botaniste Carl Linné, à la suite de Jussieu, qui a catalogué le Coffea arabica, originaire d’Éthiopie, en 1753 dans la famille des rubiacées.

Les pérégrinations du grain de café, depuis les rivages de la Mer Rouge jusqu’en Europe, sont assez bien documentées, tout comme l’étymologie arabe kahwa de notre mot café. C’est ainsi que l’on appelait le café au Yémen, d’où il partit à la conquête du monde. Certains ont voulu trouver dans Käfa, nom d’une province d’Éthiopie l’origine des mots café, coffee, caffè, Kafe, etc.

En amharique, le café se dit ቡና bunna. L’Éthiopie est sans doute la seule région du monde où le grain n’est pas désigné par un mot s’apparentant au kahwa arabe, sans doute précisément parce le café est originaire des haut-plateaux éthiopiens et que le mot arabe, prototype des autres termes le désignant, dérive du nom d’une province éthiopienne, par ailleurs toujours productrice de café, et dont provenait les premières baies arrivées au Yémen.

Selon les traditions éthiopiennes, les premiers à avoir consommé les baies étaient des religieux qui en faisaient usage pour faciliter les veillées de prières. De quelle manière préparaient-ils leur breuvage ? Nous ne le savons pas. En revanche, la façon dont les Ethiopiens mettent actuellement le café en scène est remarquable. Que l’on soit en matinée ou dans l’après-midi, si le moment est digne d’être souligné et prolongé, ce sera l’occasion d’une cérémonie du café.

Pour marquer le début de la cérémonie du café, une gerbe de papyrus ou d’herbes est défaite et jetée à même le sol au centre de la maison. La maîtresse de maison ou l’officiante s’assoit sur un tabouret bas face aux convives. Devant elle, disposés sur l’herbe : un plateau en bois à pieds (ou sous forme de coffret rectangulaire), le räkäbot, et deux braseros chargés de charbon de bois ; un des deux est couvert d’une plaque métallique pour rôtir les grains. Seule la quantité de grains de café verts nécessaires à l’occasion seront préparés ; le café n’est jamais torréfié à l’avance. Quand les grains sont jugés suffisamment rôtis, l’officiante se lève, la plaque métallique à la main, et passe auprès de chacun des convives afin que tous profitent de l’arôme du café fraîchement torréfié. Cela indique qu’il s’agit bien d’un café nouveau, spécialement torréfié pour l’occasion, mais la fumigation n’est pas dépourvue de vertus apotropaïques.

Alors qu’elle dispose une cafetière en terre cuite à long cou étroit, la ǧäbäna, remplie d’eau sur le même brasero, la maîtresse de cérémonie verse la totalité des grains grillés dans un mortier en bois et, toujours assise, broie le café à l’aide d’un pilon. Le second brasero reçoit par vagues successives des pincées de poudre d’encens, ou d’autres résines afin de purifier et embaumer l’air.

Lorsque l’eau entre en ébullition, la poudre de café est versée dans la cafetière, et le café mijote ainsi. Le second brasero avait reçu la même plaque métallique, mais cette fois chargée de maïs soufflé salé, parfois épicé. La première poignée de maïs est offerte aux herbes sur le sol, pour représenter les fleurs de la prairie. Plus d’une heure s’est passée depuis le début. Le café est maintenant prêt pour être servi dans de petites tasses sans anse, et le service sera renouvelé ainsi trois fois.

Dans les villages comme dans les villes, les azmari vont de maison en maison, accompagnant leurs chants de mélodies tirées du mäsinqo, une vielle monocorde dont ces troubadours jouent avec un archet. Très populaires et issus d’une tradition ancienne, ces troubadours, les azmari, vont de place en place, chantant des mélodies traditionnelles, connues par tous, ou encore improvisent des chants sur l’une ou l’autre personne présente, ou commentent un événement récent marquant, toujours en musique. Les azmari officient parfois à deux ou trois, accompagnés d’une chanteuse. Chants et danses se mêlent alors.

Cette cérémonie ainsi décrite n’est pas « traditionnelle », il s’agit d’une invention du XXe siècle. Pendant longtemps, la consommation du café fut l’apanage des musulmans et l’Église éthiopienne en interdisait l’usage.

S’il est impossible de fixer les origines de la consommation du café, différentes traditions locales continuent d’exister. Les Ethiopiens, dont nous avons évoqué la cérémonie du café plus haut, ne sont pas les seuls consommateurs traditionnels en Éthiopie. Les Wäyṭo qui vivent de la pêche et du bois sur les rivages et îlots du lac Ṭana, consomment le café sous forme d’infusion de la gangue de la fève ou des feuilles. Le grain est vendu sur les marchés. Les Hamar, dans le sud de l’Éthiopie, consomment les baies vertes, simplement écrasées, dans une infusion chaude, servie dans une large calebasse.

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Les baies de café vert sont rôties pour être torréfiées (photo SD, 1998)

Une tentative belge de colonisation en Éthiopie (1840-1842)

Une tentative belge de colonisation en Éthiopie : le voyage du consul-général Blondeel (1840-1842)

Édouard Blondeel van Cuelebroeck (Gand, 14 décembre 1809 – Madrid, 18 septembre 1872) fut nommé, en 1837, consul (puis consul-général) du royaume de Belgique à Alexandrie, auprès du vice-roi d’Égypte Muhammad-Ali. Il eut à cœur de rassembler des informations et témoignages sur les régions de la mer Rouge. Avec l’aval du souverain Léopold Ier et du gouvernement belge, il entreprit un voyage d’exploration en « Abyssinie », de 1840 à 1842. L’objectif de son expédition en Érythrée et en Éthiopie était, sans aucune équivoque, l’établissement de comptoirs commerciaux et d’une colonie belge.

Blondeel, à la suite de Combes & Tamisier et Lefebvre, voyagea en Éthiopie en même temps que les frères d’Abbadie et les officiers Ferret et Galinier ; il se trouvait ainsi en Éthiopie pendant le laps de temps qui sépare les deux voyages de Rochet d’Héricourt. Contrairement à la plupart de ses contemporains, Blondeel ne fit pas publier le récit de ses aventures ou ses observations, nonobstant les nombreux rapports envoyés en cours de mission et le rapport général de mission rédigé en 1843 après son retour.

Bien qu’absolument pas inconnu, cet épisode n’a, pour ainsi dire, pas été étudié ; peut-être aussi à cause du non aboutissement de la tentative coloniale. Hormis quelques mentions de cette expédition dans des articles des années 1900-1920 consacrés à l’histoire coloniale belge, une seule étude a été publiée, en 1953. Cette monographie, qui fut ensuite citée par d’autres auteurs, s’appuyait sur une copie manuscrite et postérieure de 50 ans du rapport général de Blondeel datée de 1899 et sur des copies de lettres, mais pas sur les documents originaux qui ne sont pas cités. Nous avons retrouvé les documents originaux (rapport et lettres) aux Archives du Palais royal de Bruxelles dans le Cabinet de Léopold Ier (et quelques lettres originales dans les Archives des Affaires Étrangères).

Dans les rapports et lettres du consul-général, nous retrouvons les grandes figures politiques éthiopiennes de l’époque, rencontrés au hasard des routes ou dans les cours seigneuriales d’un État alors très décentralisé: ras  Ali, Wәbe du Sәmen, Gošu du Gojjam…

 

Édouard Blondeel van Cuelebroeck 
(lithographie de J. SCHUBERT, Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale)

 

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Note manuscrite du roi des Belges Léopold Ier apposée sur une lettre de Blondeel (APR)

 

L’église de la communauté grecque d’Addis Abäba (Éthiopie)

La communauté grecque avant 1936

Très rapidement, dès ses premiers développements à la fin du XIXe siècle, Addis Abäba vit s’installer des communautés étrangères, occupant des tâches d’artisans et de marchands. Comme les Arméniens, les Yéménites et les Indiens, les Grecs, d’abord installés dans les ports de la mer Rouge (Obock, Djibouti, Zayla) et à Harär (dès le début des années 1880), arrivèrent progressivement à la cour de Menelik.

Selon l’explorateur écossais James Bruce, des Hellènes étaient déjà présents en Éthiopie lors de son passage (XVIIIe siècle). Toutefois, c’est l’avancée du chemin de fer franco-éthiopien, achevé entre Djibouti à Dire Dawa en 1902, qui fut un important vecteur de pénétration dans les terres. Des Grecs s’étaient ainsi engagés, pour diverses fonctions, sur le chantier de la voie ferrée, au départ de Djibouti. La première vague migratoire grecque (1889-1902) était essentiellement composées d’hommes venus se constituer un patrimoine numéraire et se destinant à rentrer dans leur pays et auprès de leur famille.

Au cours de la première décennie du XXe siècle, d’autres migrants grecs arrivèrent en Éthiopie, en famille cette fois, eux-mêmes nés en diaspora ou sans objectif de retour prochain. Un nombre plus important de familles arrivèrent à partir de 1916, qui s’installèrent en Éthiopie, à Addis Abäba en particulier, où elles furent à l’origine d’une communauté qui prit rapidement de l’importance par son dynamisme entrepreneurial et le nombre de ses membres, à l’instar de la communauté arménienne. Ainsi, à la veille de l’invasion italienne (mai 1936), la communauté grecque en Éthiopie représentait environ 3 140 des 14 580 étrangers répertoriés en Éthiopie (dont environ 6 000 vivaient à Addis Abäba) ; la deuxième plus importante communauté derrière les Arabes (4 000 personnes, essentiellement des Yéménites) et devant les Indiens (3 000 personnes) et les Arméniens (2 800 sujets).

C’est en 1918, sous les auspices du ras Täfäri, que les relations diplomatiques furent établies entre la Grèce et l’Éthiopie. Le premier consulat hellène, œuvre de l’avocat et député chypriote Hadjioannou, fit office de noyau autour duquel se constitua la communauté grecque, dotée d’une première église et d’une école. A ses début, la communauté grecque était administrée par un comité, dont le premier directeur élu fut l’ingénieur-architecte Michel Balanos, fonctionnaire des Travaux publics éthiopiens. Ce dernier fut actif dans la construction d’Addis Abäba encore au début des années 1930, et il exerça une activité de photographe amateur. Rapidement, une assemblée générale de la communauté modifia son mode d’administration en un comité élu de neuf membres. Le premier président de ce comité fut le Dr Jacovos Zervos, mandaté de 1918 à 1923, plus tard consul général de Grèce à Addis Abäba.

La communauté grecque d’Addis Abäba avait, entre temps, pignon sur rue. En témoignent des commerces comme la boutique Magdalinos Frères ou celle, voisine, de Ghanotakis, ou encore le garage Ford de la famille Paléologue et la « Pharmacie gréco-éthiopienne » fondée par Athanassiades en 1927. Ils furent nombreux à tenir des cafés, des magasins de tabac et alcool, des horlogeries, des « commerces d’articles pour indigènes »  ou commerces généraux d’importation…

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La boutique de Magdalinos Frères au coin de la rue du Gebbi et de la rue du ras Makwonnen à Arada (photo Chante, 1930)

 

Les Grecs étaient particulièrement actifs dans la construction et le génie civil. Nous avons cité l’ingénieur Balanos, auteur de l’hôpital Beit Sayda (1924) et du Lycée Mänän pour jeunes filles (1931). Catherine von Raesfeldt me signale, en dépouillant les sources russes, avoir rencontré un « M. Balanos », membre de la « Société Éthiopienne pour le Commerce et l’Industrie », appartenant au roi des rois Haylä Sellase, qui était responsable des négociations avec les Soviétiques, en 1932, pour l’importation de pétrole russe. Cependant, il serait mort la même année et remplacé par un Russe blanc pour conclure les transactions. De fait, nous ne trouvons plus de trace de Michel Balanos après cette date et il est donc probable que l’ingénieur grec de Travaux publics éthiopiens fut le même homme. L’entreprise de construction Myriallis (laquelle continua d’être active après guerre) fut chargée par Menelik, en 1907, de la construction de la basilique de Giyorgis (Saint-Georges) à Arada, conçue par l’ingénieur italien Castagna, sur plans de l’architecte grec Orphanidès.

C’est aussi un Grec, Andrea Kavvadia, qui fut le rédacteur du premier journal éthiopien (ou plutôt deuxième après celui de Gäbrä Egziabeher avant 1900), A’emero (connaissance), un hebdomadaire manuscrit de 1902 à 1903, ensuite imprimé.

Les Grecs d’Addis Abäba ont développé un lien particulier avec l’hôtellerie de la capitale. Le premier hôtel éthiopien (mais le second d’Addis Abäba, après l’Hôtel de France de M. et Mme Terras), l’Hôtel Impérial (aussi dénommé Hôtel Itege ou Hotel Taytu) fut géré par Stelios Bollolakos, aussi membre fondateur (1909) de la loge maçonnique « La Lumière d’Éthiopie », plus tard devenu titulaire du consulat de Grèce à Dire Dawa. Mais c’est en 1930 que l’hôtellerie de tradition grecque fut représentée par son fleuron, le Majestic Hotel de Stelios Papatakis, reconstruit en 1930 en prévision du couronnement impérial, et en remplacement de l’ancien édifice construit en 1928 pour accueillir les délégation au couronnement royal de Täfäri.

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Menu du 5 octobre 1912 (New York Public Library « Frank Buttolf Collection »)

 

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Le Majestic Hotel dans son premier état (carte postale, v. 1928)

 

Le Majestic Hotel reconstruit, lors du passage de la fanfare militaire, sans doute à l’occasion du couronnement impérial de 1930 (publiée dans L’Illustration n°4830 du 28 septembre 1935)

 

L’église grecque d’Addis Abäba

Le premier lieu de culte grec à Addis Abäba, une salle de prière rudimentaire en torchis, fut établi en 1910 et son premier desservant fut le prêtre Kostantinos, suivi du Père Artimos. Sous la présidence de Zervos, un terrain fut acheté à Gullele par le comité communautaire grec, destiné à accueillir le cimetière grec-orthodoxe, alors qu’un autre, sur la rue du ras Makwonnen (la route d’Arada à Arat Kilo), allait être affecté à l’église de la communauté hellène.

La première pierre fut posée en 1922, dans une cérémonie officielle à laquelle participait le consul-général de Grèce, Dimitri Nicolopoulos, mais la construction fut interrompue faute de ressources suffisantes. Les travaux reprirent en août 1926 et l’église, dédiée à Saint-Frumence, fut achevée le 28 novembre de la même année. Le premier office fut célébré le 30 novembre par l’archimandrite Arsenios. L’inauguration officielle eut lieu en 1928, en présence du negus Täfäri, futur Haylä-Sellase.

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L’église grecque Saint-Frumence d’Addis Ababa (© Serge Dewel 2018)

 

Toujours en 1928, un presbytère et des locaux destinés à l’administration de la communauté grecque furent construits à côté de l’église.

Depuis 1923, une école communautaire mixte, sise dans un bâtiment de location, dispensait l’enseignement primaire aux enfants de la commuté grecque. En 1930, le consul Zervos organisa une collecte au sein de la communauté grecque d’Éthiopie pour la construction d’une école. Celle-ci réunit 40 000 thalers auxquels le consul à Dire Dawa, Stelios Bollolakos, en ajouta 2 000 en 1935. En cette année, l’enseignement primaire grec-orthodoxe était dispensé à 42 filles et 57 garçons. La nouvelle école ne vit jamais le jour à cause de l’invasion italienne et de l’occupation d’Addis Ababa au printemps suivant.

 

Sources :

DEWEL (2018), vol. 1, pp. 213-216, 287.
NICOLOPOULOS Dimitri (1923)
PAPATAKIS Nico (2003)
ΠΡΟΚΟΠΙΟΥ Α. (1931)
ΧΑΛΔΑΙΟΣ Α. (2018) & http://greeksofafrica.blogspot.com/2017/
ZERVOS Adrien (1936)
Le Courrier d’Éthiopie en ligne  : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327501365/date.r=le+courrier+d’ethiopie.langFR

Vintage Addis Ababa

Rassembler une collection de plusieurs milliers de photographies privées pour la création d’une archive visuelle d’Addis Ababa. C’est le projet que Wongel Abebe, Philipp Schutz et Nafkot Gebeyehu ont réalisé, jusqu’à la publication de l’ouvrage Vintage Addis Ababa en novembre 2018.

http://www.vintageaddis.com/

Lancé en juillet 2017, le projet se voulait autant documentaire qu’artistique. Les promoteurs et auteurs allèrent frapper aux portes, eurent à convaincre les habitants de la capitale éthiopienne d’ouvrir leurs tiroirs et albums familiaux et, de fil en aiguille, ressuscitèrent le passé de la ville. Ainsi, ce n’est pas le passé officiel, celui des dirigeants et des grands projets architecturaux qu’ils révélèrent, mais celui d’un peuple. Ce sont les images de tout un chacun qui sont ainsi mises en scène : au travail, en famille, lors d’un mariage ou à l’occasion d’un weekend ou des vacances…

Alors qu’aucune institution n’est en charge d’enregistrer la mémoire de la ville, nous ne pouvons qu’espérer que Vintage Addis Ababa sensibilisera les habitants à l’intérêt des documents qu’ils possèdent et suscitera des vocations de conservation. Espérons aussi, qu’à terme, les institution de recherche et de conservation comprendront l’intérêt de ces archives privées et sauront  rassurer la méfiance de tout un chacun afin de recevoir des fonds privés de plus en plus nombreux. En tout cas, l’initiative de Wongel Abebe, Philipp Schutz et Nafkot Gebeyehu ne pourra qu’en faciliter la réalisation.

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ADDIS ABÄBA through the lens of Ethiopia’s young photographers

5th AddisAbaba Photo Festival 6-10 December 2018

www.addisfotofest.com

(photo: SAMUEL-MENGESHA)

 

Established in 2010, Desta for Africa Creative Consulting (DFA) is a social enterprise providing services in the area of photography, curatorial services, event planning, public relations, media communication, graphic design, educational workshops and consulting in the creative industries. Located in Sidist kilo in the International Leadership Institute Building, DFA is managed by award winning photographer and cultural entrepreneur Aida Muluneh. DFA is a creative production company which, utilizing various talents in Ethiopia, develops unique services for clients and partners who seek innovative and creative approaches to promoting their brand(s) in the African and international markets. DFA is also a capacity building organization, geared towards elevating cultural discourse, the media profession and image production in general throughout Africa. One of DFA’s main goals is to utilize culture and visual communication tools to create self-sustainable opportunities to promote development in Africa, and in particular, Ethiopia. Hence, it is for this reason that the word DESTA, meaning happiness in the Ethiopian language of Amharic, also stands for Developing and Educating Society Through Art!

Addis Foto Fest is a biennial international photography festival held in Addis Ababa, Ethiopia. It has previously featured exhibitions, portfolio reviews, conferences, projections and film screenings in many different renowned venues. It is also the first and only international photography festival in East Africa.The Addis Foto Fest has been recognized as one of the leading photography festivals in Africa and in the world. (from http://addisfotofest.com/aboutus/)

Some of the Ethiopian photographers have focused on Adids Abäba’s heritage, streets and metamorphosis.

Mahlet Teshome
ETHIOPIA
Mahlet currently works as a senior associate for a legal consulting firm, but her true passion is in photography. Born in Addis Ababa in 1989, Mahlet fell in love with photography while she was attending law school at Addis Ababa University. She was inspired by the old buildings and the nostalgic feel of the campus’ architecture which compelled her to take photos on her mobile phone. Mahlet loves travelling and believes good photography is the best way to preserve all the wonderful memories from her travels.
Documenting Addis Ababa
A true Addis Ababa native, Mahlet is both amazed and concerned with the pace of change sweeping across the city’s landscape, with the old making way for the new. She realizes the city is going through a rapid growth stage where old buildings are bulldozed and continue to be replaced by new ones. With a deep sense of historical value for the city’s heritage, Mahlet set out to properly document the city’s historical buildings and its emerging edifices. She uses her photography to immortalize the city’s collective memories by capturing its buildings in mesmerizing pictures.

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Meliksenay Debas
ETHIOPIA

Feeling privileged for doing what he loves, Meliksenay works as a full-time photographer and graphics designer, though he graduated from Addis Ababa University with a degree in Business Administration and Information System. After receiving training in photography, he has been honing his skills, gaining valuable hands-on experience in photography. Since 2012, his love for photography took him on a journey of telling stories of day-to-day lives in Addis Ababa through photography. Meliksenay was featured in the AFF 2016 and is the co-founder and creative director at a creative communications company.
Construction workers
While the tremendous job opportunity created by the ongoing construction boom in Ethiopia in general, and in the capital Addis Ababa is commendable, the attention afforded to safety at construction sites is troublesome. Construction workers often find themselves working in rather precarious conditions, hanging in skyscrapers with as a leap of faith. Unfortunately for the workers, safety is taken for granted across the industry. Meliksenay’s collection highlights the daily struggles of the workers getting by with minimal wages, barely enough to make ends meet.

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Mulugeta Ayene
ETHIOPIA
An award-winning photojournalist and a fine art photographer based in Addis Ababa, Mulugeta currently works for the Associated Pres (AP). His photographic career has included regular assignments for prominent international organizations such as UNICEF, the Bill and Melinda Gates Foundation, the International Rescue Committee, to mention a few. Mulugeta recently joined a team of judges on a local talent TV show where he mentors aspiring photographers. He also served as a judge on the Uganda Press Photo Award. While his work covers a wide range of subjects, recurrent in his work are social and spatial transformations and their effects on identity and social relations. Mulugeta has won several awards including the first ever prize in photojournalism under the ‘Excellence in Journalism” category organized by the Foreign Correspondents Association of Ethiopia in 2011 and 2012.
Ethiopian Spring
In ‘Ethiopian Spring’ photographer Mulugeta Ayene presents a series of pictures taken at public rallies between April and September 2018 in Addis Ababa. While the emancipatory nature and success of Ethiopia’s ongoing political transformation are subject to outcomes of the ongoing social and political struggle, the pictures capture the sense of liberation and hope which dominated the early days of the coming to power of Ethiopia’s new and reformist Prime Minister Abiy Ahmed in April 2018. While some pictures represent forms of political engagement commonly associated with notions of liberal democracy and urban middle class demands, others make explicit aesthetic references to revolutionary struggle and highlight the regional, ethnic and social questions which remain unanswered in the current state of transition. The series aims to challenge the narrative of universal aspirations for liberal democracy through showing how identity and class remain key elements in the wider complex social and political struggle over shaping the future of Ethiopia.

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Samuel Mengesha
ETHIOPIA
Born in 1986, I graduated in Mechanical Engineering and I am currently working in the construction sector of Addis Ababa. Having worked in France then China, I have been exposed to both the highly regimented automotive world as well as the delirious realm of creative directors in the luxury industry. I had an early age passion for drawing, which slowly transitioned to photography six years ago. A camera is never too far away whether the permanent point and shoot in my glove box, the phone inside my pocket or the occasional DSLR in the trunk. I am particularly fond of sneaking into buildings to get access to their rooftop as I can never get tired of that bird’s eye view of this great city.
Inside Out
Inside Out is a series of pictures themed around Addis Ababa’s landmarks, skyline and architecture. The viewer is invited to peek through suggested or actual frames unto the familiar city scenery earning a unique vantage point. These perspectives also offer a counter intuitive alternate reality where the inside can be interpreted as outside

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Sehin Tewabe
ETHIOPIA
A third-year accounting student, Sehin, 20, was born and raised in Addis Ababa, Ethiopia. Growing up in a large family, She was always the designated cameraman in the household. Sehin taught herself the basics of photography and enjoys taking pictures on the streets. She believes there is so much more in street photography because it captures people’s facial expressions or their sense of state of mind at a specific moment and time.
Megenagna

“The place where all things meet,’ Megenagna looks a bit like a pile of a highway spaghetti. Sehin’s work features this overcrowded junction of Addis Ababa, which is a major intersection in the eastern side of the city. His pictures tell stories of angry drivers curs¬ing and honking their horns uncontrollably, gawking street vendors ambling, pedestrians who seem to be in a constant state of hurry and onlookers who are just there soaking up all the commotion. Sehin captures the organized chaos that is Megenagna and colorfully depicts the pace of the neighborhood.

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Tewodros Girma
ETHIOPIA
The second-year computer science student and native of Addis Ababa first fell in love with photography when he was 18. He started off by taking pictures with his phone. Proving the age-old saying that a picture is worth a thousand words, through photography, Tewodros found a platform to express his thoughts, without uttering a single word.
Street Vendors
Addis Ababa is home to some four million people, and it is safe to assume it is one of the largest urban centers in the continent. Tewodros’ collection takes a close look at the street vendors hustling the ins and outs of the city, providing an ecosystem of goods and services that are not always available through regular market structures.

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Les causes profondes du communautarisme éthiopien

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Urbanisation de la périphérie rurale (nord-ouest d’Addis Ababa (photo SD 2016)

Sisyphe ou la récurrence des tensions identitaire en Ethiopie

Semblant prise dans une logique violente, l’Ethiopie se voit être le théâtre de nombreux affrontements au caractère identitaire, du moins en apparence. Cette fois dans le Tigray, ce lundi 22 octobre, des habitants d’Alamata (400 kilomètres au nord d’Addis Ababa) se sont heurtés aux forces de l’ordre du Tigray en réclamant le rattachement d’Alamata à l’Etat-région de l’Amhara. Cette région à dominante amhara a été rattachée à l’Etat-région du Tigray en 1994. Les affrontements auraient fait 7 victimes (3 selon le gouvernement local du Tigray) et de nombreux blessés.

 

Le système fédéral « ethnolinguistique » : un boîte de Pandore éthiopienne!

Les tensions communautaires qui ont secoué l’ouest de l’Ethiopie au début du mois d’octobre sont un signal fort. Cela signifie que le vent de réforme soufflant sur le pays n’est pas suffisant en promesses et réalisations, mais aussi que les clivages sont profonds. A l’échelle nationale, ces tensions ont des causes d’ordres divers -identitaires, religieux et économiques-, mais toutes trouvent leur expression dans le communautarisme. L’implosion de l’Ethiopie -ou sa balkanisation-, qui lui avait été prédite en 1995 lors de la promulgation de la Constitution fédérale « ethnolinguistique », serait-elle en train de se produire à retardement ?

Une chose est indiscutable. C’est qu’en trois décennies, les Ethiopiens ont pris conscience d’une appartenance identitaire. Alors que celle-ci n’avait que fort peu de pertinence au départ, l’appartenance culturelle et communautaire devient un marqueur social de premier plan, cependant que le premier facteur identitaire des Ethiopiens fut de tous temps la religion. La succession d’incidents communautaires en Ethiopie souligne à quel point ce phénomène comptera au premier rang des préoccupation du nouveau pouvoir d’Addis Abäba.

Au-delà de l’aspect identitaire de ces violences qui semble le seul considéré par les médias, ce sont des causes plus profondes qui s’expriment. Depuis plusieurs années, la périphérie d’Addis Abäba est régulièrement secouée par des manifestations violentes et des troubles sociaux qui expriment avant tout une crise foncière dans laquelle le ressentiment de jeunes Oromo à l’égard de la capitale vestige de « l’impérialisme amhara » n’est qu’un vernis.

Outre être enserrée dans la région Oromiya, la capitale éthiopienne est en forte croissance territoriale et humaine. Plus que l’extension du bâti, c’est sa polarité qui s’étend loin au-delà de ses limites fédérales d’Etat-région. Avec cette avancée du front d’urbanisation, toute une zone tampon se crée sur fond de crise foncière, là où le coût de la vie urbaine et le prix du foncier  heurtent le niveau de revenu rural.Ailleurs aussi, dans les régions de l’ouest en particulier, l’enjeu est le plus souvent celui de la terre. Plus qu’une lute territoriale, c’est la manifestation d’une misère économique qui est exprimée dans les affrontements inter-communautaires.

La démographie galopante est devenue le principal facteur des constructions explicatives de la géopolitique éthiopienne. Cependant, il est encore fort peu souvent invoqué, au-delà de la simple évocation. Certes, l’Ethiopie dépasse les 105 millions d’habitants (deuxième population d’Afrique), certes près de 45% de sa population ont moins de 15 ans (près de 20% a moins de 4 ans) et sa population a doublé en vingt ans. L’indice synthétique de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme au cours de sa vie) a baissé de 7,2 enfants en 1990 à 4,6 enfants par femme en 2015. Cela constitue bien sûr des défis majeurs pour l’économie nationale dans la décennie à venir, mais il y a un rapport avec l’occupation du sol à considérer quand 80% de la population vit sur 30% du territoire.

L’instrumentalisation de l’appartenance identitaire suppose l’établissement de rapports hiérarchiques (dominants/dominés) entre les cultures, comme la victimisation des Oromo. Cependant, ces constructions sont indéfendables par un historien.

 

Voir :

http://www.bulac.fr/conferences-rencontres/autres-regards/archives-2012-2016/trente-ans-qui-ont-change-lethiopie/

Sources démographiques :

http://www.demographicdividend.org/country_highlights/ethiopie/?lang=fr

Dans la presse :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/02/ethiopie-des-dizaines-de-morts-dans-des-affrontements-entre-l-opposition-oromo-et-la-police_5006983_3212.html

https://www.bbc.com/news/world-africa-45724440

Oromo Liberation Front says it did not return to Ethiopia for peaceful struggle

Ethiopian government warns Oromo Liberation Front

OLF Gunmen allegedly killed three Ethiopian soldiers

 

P1020964

Centre culturel oromo, Addis Abäba (photo SD 2018)

 

 

 

 

Africa strangled by public loans to China

Latest data from the China-Africa Research Initiative (Cari) shows Ethiopia owes Beijing $13.73 billion, followed by Kenya at $9.8 billion. Uganda owes $2.96 billion and Tanzania $2.34 billion. East Africa now owes China $29.4 billion in infrastructure loans.

The region’s economies are now spending almost eight per cent of their revenues to service these loans, which analysts say are becoming a burden, especially given that their impact is yet to be seen on the growth.

Passengers queue to ride Ethiopia’s tramway in 2015 in Addis Ababa. The China -funded project is hailed as a major step in the country’s economic development.

Addis Ababa LRT built with chinese funds

The bulk of the monies, according to research by The EastAfrican, went into the transport sector, followed by power, communications and manufacturing. Ethiopia’s biggest intake of the Beijing loans was in 2013, coinciding with the launch of its joint standard gauge railway project with Djibouti. Addis took up more than $6.62 billion from Beijing for its mega projects, which also included the setting up of manufacturing zones. In terms of sector funding, Ethiopia invested the bulk of its funds in the transport sector ($4.37 billion), which was used for both the Addis Ababa light railway project and the Addis-Djibouti 700km railway. This was followed by communications at $3.16 billion and power projects at $2.54 billion. Ethiopia borrowed $652 million last year, down from $926 million in 2016, while Kenya took $64 million, down from $1.09 billion in 2016.

Last month, Ethiopia became the first country to get its Chinese debt rolled over announcing that Beijing had agreed to restructure its $4 billion loan on the railway linking its capital Addis with Djibouti. Ethiopia’s Prime Minister Abiy Ahmed said that the country’s loans will now receive a further 20-year extension, which will see its annual repayments narrow to an affordable level.

“In conversations with our Chinese partners, we had the opportunity to enact limited restructuring of some of our loans. In particular, the loan for the Addis Ababa-Djibouti railway, which was meant to be paid over 10 years, has now been extended to 30 years. Its maturity period has also been extended” Dr Abiy said.

But, recently, the new authorities of Sierra Leone decided to not confirm the project of a new splendid and modern airport which would be useless as the old one is still running under its real capacity.

Chinese credits are very expensive for African countries in terms of counterpart that no guaranties are expected by China. Like Angola and Nigeria, South Soudan will use its petroleum to compensate road buildings. Angola, Ethiopia and Kenya are China’s main debtors in Africa. Only Angola owns petroleum, while Ethiopia and Kenya are counting on a possible industrial development; a risky calculation that shares Beijing.

China is also aware that political changes in Africa might ruin relations and refunds. Therefore, Beijing prefers a spending strong dictatorship instead of a thrifty democracy.

 

 

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