Addis Ababa, Ethiopia & the Horn of Africa in Ancient Photography & Maps ⎢ Addis-Abeba, l'Éthiopie & la Corne de l'Afrique dans la photo et les cartes anciennes

Auteur/autrice : Serge DEWEL Page 4 of 7

Docteur en histoire moderne (Corne de l'Afrique) et historien des religions (christianismes orientaux).
Étude des constructions mémorielles et identitaires, de l'usage des sources graphiques (cartographie, photographie...), histoire des catholiques d'Ethiopie.

Le royaume du Prêtre-Jean dévoilé (2)

Les sources cartographiques à la fin du XVIIe siècle

Les périodes anciennes sont documentées, d’un point de vue cartographique, par des compilations dont l’auteur n’était pas voyageur. C’est le cas des mappemondes et atlas de Mercator, Hondius, Ortelius, Blaeuw… et cela perdura encore au XVIIIe siècle, époque pendant laquelle les géographes-compilateurs étaient désignés comme des « cartographes de cabinet ». A ceux-ci s’opposaient les cartographes de terrain, pilotes des mers et navigateurs, qui complétèrent progressivement les tracés des terres, délimitant les contours de territoires qui demeuraient vides en leur centre. Ces vides étaient comblés par des villes imaginaires, des figures allégoriques, des créatures féroces et monstrueuses, des êtres mythiques ou mythologiques(1)…

Pour la période du XVIe et du XVIIe siècle en Ethiopie, les informations disponibles, et produites par un contact réel avec le terrain, sont l’oeuvre des Portugais. Ceux-ci, très actifs dans la recherche de nouvelles routes maritimes vers les sources d’épices, furent les premiers à doubler le Cap de Bonne-Espérance (Bartolomeu Dias, 1500) en ouvrant la Route maritime des Indes qui contournait l’Afrique (Vasco da Gama, 1498 ; puis Cabral). Rapidement, les Portugais entreprirent de découvrir, au départ des Indes, le Royaume du Prêtre-Jean (d’Albuquerque, 1506 ; Cristovao da Gama, 1541-1543), ce qui fut l’essor des premières informations cartographiques occidentales sur l’Afrique de l’est.

Ces sources se présentent sous la forme de cartes marines, aussi appelées portulans(2). Ces documents renseignent essentiellement les hauts-fonds et les ports, ainsi que le profil des littoraux.

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Portulan de Mecia de Viladestes (1413)

Cette carte marine, du monde occidental connu au début du XVe siècle, couvre une zone s’étendant de l’Océan Atlantique à une partie de la Mer Caspienne et du Golfe Persique, de la Mer Baltique à la Mer Noire et la Mer Rouge. La Mer Méditerranée est placée au centre et l’Ethiopie en bas, à droite.
Le portulan de Joao de Castro (1540-1541) en particulier mérite d’être mentionné pour représenter les littoraux (dont celui de la mer Rouge) en élévation plutôt qu’en plan ; c’est le codex n° 33 conservé à la Bibliothèque générale de l’Université de Coimbra(3). L’ensemble de la cartographie marine portugaise est publié dans le Portugaliae Monumenta Cartographica de Cortesao et Teixeira da Mota (1960-1961). Le diplomate, géographe et orientaliste français Albert Kammerer a consacré une part importante de ses recherches à l’histoire ancienne de la Mer Rouge ; le troisième tome de La Mer Rouge l’Abyssinie et l’Arabie depuis l’Antiquité est consacré à la cartographie des portulans(4). Ce sont certainement les principales sources pour aborder la cartographie de la Mer rouge au XVIe siècle.

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Vue de Suakin (Edition facsimilé INAPA, Lisbonne, 1988)

En marge des portulans, limités aux zones côtières par définition, la carte dessinée par le missionnaire jésuite Manoel de Almeida, et à laquelle nous avons fait précédemment allusion, constitue une étape cruciale de la connaissance géographique de l’Ethiopie. Surtout, cette carte est, contrairement aux ouvrages de compilation certes de qualité comme la carte de Ludolf, le produit d’une connaissance physique et réelle du pays par la présence de son auteur sur place. La carte s’intéresse peu à la nature du terrain et aux fleuves, mais apporte des informations sur les entités politiques. Ce document demeura pendant longtemps la principale source du découpagee interne de l’Ethiopie.

 

Le contour de l’Afrique fut assez rapidement appréhendé par les cartographes qui le rendirent tôt avec une précision notable, et croissante ensuite. L’aventure du dessin de la carte, en Afrique, plus que la découverte du continent dans son étendue, fut celle du remplissage qui ne s’acheva qu’au XXe siècle. Au cours des siècles, l’Afrique fut traitée comme une île. L’Ethiopie, au sens « Abyssinie » des anciennes cartes, compta parmi les premiers teritoires repérés et aussi parmi les derniers à perdre ses zones blanches. La juxtaposition de la mappa mundi de Martin Waldseemüller (1507), ou même encore celle de Sebastian Münster (1544), à celle d’Abraham Ortelius (publiée dans son atlas Theatrum Orbis Terrarum, différentes éditions à partir de 1570) est éloquente à ce sujet : autant le contour du continent a considérablement évolué pour s’approcher de la réalité géographique, autant l’intérieur de l’Afrique demeure une toile de suppositions. Les cartes d’Almeida et de Ludolf concoururent grandement à étoffer le paysage de l’hinterland.

 

 

Martin Waldseemüller, Universalis cosmographia secundum Ptholomæi traditionem et Americi Vespucii aliorv. que lustrationes. Facsimile. Cornell University Library Map Collection (haut gauche – Cornell University Library Map Collection)

Sebastian Münster, Totius Africæ tabula, & descriptio uniuersalis, etiam ultra Ptolemæi limites extensa, extrait de la Cosmographia uniuersalis, Basel, 1554 (bas gauche – Princeton University, Historic Maps Collection)

Abraham Ortelius, Africae tabula noua, extraite du  Theatrum orbis terrarum, Antwerp, édition de 1584 (droite – Princeton University, Historic Maps Collection)

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NOTES :

(1) HOFMAN Catherine (Dir.), Artistes de la carte. De la Renaissance au XXIe siècle, Paris, Autrement, 2012.
(2) MOLLAT du JOURDIN Michal & de LA RONCIERE Monique, LEs portulans. Cartes marines du XIIIe au XVIIe siècle, Fribourg, Office du Livre, 1984 ; HOFMAN Catherine, RICHARD Hélène & VAGNON Emmanuelle, L’âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le monde, Paris, Seuil/BNF, 2012.
(3) Edition facsimilé du portulan de Joao de Castro (Lisbonne, 1988) : Tabuas dos Roteiros da India de D. Joao de Castro.
(4) KAMMERER Albert, La Mer Rouge. L’Abyssinie et l’Arabie depuis l’Antiquité, tome III L’Abyssinie et l’Arabie aux XVIe et XVIIe siècles et la cartographie des portulans du monde oriental, Le Caire, 1929.

Le royaume du Prêtre-Jean dévoilé (1)

Genèse de la cartographie de l’Éthiopie


La connaissance géographique européenne de l’Éthiopie et sa cartographie connurent deux phases d’intense activité : la présence portugaise et jésuite au XVIe siècle et la multiplication des voyages occidentaux  dans le courant du XIXe siècle. Cette seconde phase est la plus importante, tant par l’évolution technique, par une approche plus scientifique et par le nombre croissant de voyageurs.

La première somme encyclopédique consacrée à l’Éthiopie fut l’Historia Aethiopica sive brevis & succincta descriptio Regni Habessinorum, quod vulgò malè Presbyteri Iohannis vocatur[…] de Job Ludolf (1681); son ouvrage était accompagné d’une carte. Outre les renseignements et témoignages de son informateur Abba Gorgorios au collège San Stefano dei Mori à Rome, Ludolf s’est aussi appuyé sur l’ensemble des données connues et publiées à l’époque. De par la qualité de cette synthèse, l’oeuvre de Ludolf peut être inscrite comme le début des études éthiopiennes, la fondation sur laquelle les connaissances ultérieures se superposeront.

À la même époque, Olfert Dapper publiait sa Description de l’Afrique […] en 1668 (première édition française en 1686, disponible sur la plateforme de ressources numériques Gallica du site de la BNF). Cette oeuvre apparaît comme une synthèse de grande qualité, abordant l’Afrique sans parti-pris ethnocentriste marqué et reconnaissant une valeur artistique aux artefacts sculptés. Ainsi, à l’image de Ludolf pour l’Éthiopie, Dapper apparaît comme un père fondateur des études africaines en Occident. Dapper aborde l’histoire de l’Éthiopie, « l’empire des Abyssins », dans la dernière partie de son ouvrage, consacrée à la « Basse-Ethiopie ». La partie subsaharienne de l’Afrique est, dans son ouvrage et conformément à la connaissance européenne de l’époque, subdivisée en trois parties que sont « les pays des nègres » (Afrique occidentale, de la Guinée au Cameroun), la « Basse-Ethiopie » (Congo et Afrique australe) et la « Haute-Ethiopie » (Nubie et Éthiopie).




Les sources du savoir géographique


Les principales données géographiques dont disposaient ces hommes étaient reproduites sur la carte réalisée par le Vénitien Fra Mauro(1), dans les années 1457-1459. Elle rassemble ce qui comptait certainement comme les premières données cartographiques précises concernant l’Éthiopie. Remplissant les blancs laissés entre les Mont Lune et ce qui apparaît comme le Nil bleu sur celle des vingt-sept cartes de la Géographie de Claude Ptolémée (2), vers 125 AD, couvrant la région (la table XV), la carte de Fra Mauro constituait une synthèse des savoirs géographiques circulant dans le monde occidental. Deux décennies plus tard, la Cosmographie de Ptolémée, qui n’était plus qu’indirectement connue en Occident, refit surface en Europe occidentale et devint l’objet de reproductions dans divers manuscrits de cour(3).

Le cartouche de la carte de Ludolf précise qu’elle est fondée sur celle publiée par Balthazar Tellez dans son Historia Geral da Ethiopia a Alta, ou Preste Ioam […], 1660. En fait, le Père Tellez (ou Teles) s’était largement inspiré du mémoire rédigé par le Padre Manoel d’Almeida(4), jésuite lui aussi (séjour en Éthiopie de 1624 à 1633), et en avait reproduit la carte. Cette carte est incluse dans son manuscrit, conservé à la SOAS à London (ms. 11966). Si le manuscrit d’Almeida est une version expurgée des passages polémiques des notes de Paez (1622), la carte nous semble, en revanche, être l’oeuvre d’Almeida(5).

Le célèbre cartographe français Nicolas Sanson, en 1655, édita la carte de la « Haute Éthiopie où sont l’Empire des Abyssins et la Nubie ». Le territoire des « Abissins », vers le sud, confine avec le « lac Zaïre », au pied des « Monts de la Lune ». Ces derniers apparaissent comme la source du Nil, reproduisant en cela une ancienne tradition cartographique. Comme il le précise dans le cartouche, les travaux « de Sanut, de Mercator & C. » constituent ses sources cartographiques. De façon similaire, Nicolas Sanson avait déjà réalisé une carte de « la Partie de la Haute AEthiopie ou sont les Empires des Abissins (…) », en 1646 (voir Gallica). Cette distorsion de l’Éthiopie (au sens actuel du pays) est habituelle sur les cartes du XVIIe siècle, hollandaises d’abord et autres ensuite.

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Nicolas Sanson (1655)

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Nicolas Sanson (1646)

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Bonne (1780) – Carte indiquant la zone occupée par l’Ethiopie et, en marge de celle-ci, « l’Abissinie »

À cette époque toujours, « Afrique » désignait l’ancienne province romaine, et était donc limitée au rivage méditerranéen. Les cartes distingaient l’Éthiopie (l’Afrique subsaharienne selon la tradition grecque antique) de l’Abyssinie (au sud de la Nubie et correspondant à l’Éthiopie actuelle), laquelle était désignée par diverses appellations : Abyss (Ptolémée, v. 150 AD), Abissia (Fra Mauro, v. 1457-1459), Regnum Habesh (Waldseemüller, 1516), Abissinorum sive Presbiteri Ionnis Imperium (Blaeu, 1640 ; comme déjà Ortelius en 1570 ou Pigafetta en 1597), Empire des Abissins (Nicolas Sanson, 1655)… ou finalement Abissinia (Coronelli, 1688). Cependant, Ludolf, qui intitule son ouvrage « Histoire d’Éthiopie », titre sa carte « Abyssinie, ou Royaume du Prêtre-Jean ». Fût-il le premier à rapprocher les deux noms, Éthiopie et Abyssinie, qu’il aurait amorcé une confusion topographique de quatre siècles par le titre de son ouvrage : Nouvelle Histoire d’Abissinie ou d’Éthiopie[…] (édition française, 1681).

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Job Ludolf (1681, réédition de 1683)


_________________

Notes:

(1) FALCHETTA Piero, Fra Mauro’s World Map, Brepols, Terrarum Orbis 5, 2006.
(2) GAUTIER d’ALCHE Patrick, La Géographie de Ptolémée en Occident (IVe-XVIe siècle), Brepols, Terrarum Orbis 9, 2009.
(3) AUJAC Germaine, La géographie de Ptolémée, BNF Anthèse, 1998.
(4) BECKINGHAM C.F. & HUNTINGFORD G.W.B. (Ed.), Some Records of Ethiopia 1593-1646. Being Extracts from « The History of High Ethiopia or Abassia » by Manoel de Almeida, London, 1954.
(5) Les carnets du père Pero Paez ont été édité et traduits en anglais, dans leur version initiale non-expurgée ; la carte d’Almeida y est reproduite (vol. I, p. 66). BOAVIDA Isabel, PENNEC Hervé & RAMOS Manuel Joao (Ed.), Pedro Paez’s History of Ethiopia, 1622, 2 vols, London, The Hakluyt Society, 2011.

Escadron du Négus : une photo insolite!

Quelqu’un a-t-il une piste à proposer ?
 

La légende sur la photo indique : « 606e escadron du Négus. 69e peloton » Addis-Abéba 16-10-35 (collection Serge Dewel)

La photographie représente un groupe d’une quarantaine d’hommes portant des uniformes militaires français.
Ils se tiennent devant un ensemble de baraquements (deux bâtiments visibles sur la photo). La baraque la plus en avant porte une pancarte avec l’inscription « a magasin aux cartouches ». Ces bâtiments sont couverts de tôles ondulées.
Les sujets photographiés arborent une expression plutôt joyeuse et souriante.
A l’arrière-plan, derrière le groupe et en contre-haut, court une palissade. On peut apercevoir ce qui ressemble à une guérite de l’autre côté de la palissade. De notre côté de la palissade, un homme en uniforme se tient  agenouillée en regardant la scène qu’il surplombe. Il ne semble pas appartenir au groupe; une sentinelle ?
Le plus singulier est à l’avant-plan: un personnage tient une corde dont les deux extrémités sont enroulées autour du cou de ses deux voisins, à gauche et à droite.

Il s’agit d’une photographie imprimée en carte postale, procédé alors courant.
J’ai acquis cette photographie sans autre précision.

Hormis la mention « Addis-Abéba » et la date, j’aurais pensé à une farce et mise en scène (voir photos ci-dessous). Toutefois l’indication d’un lieu et d’une date (mais cela ne fait-il pas aussi partie d’une mise en scène?) m’incite à chercher plus loin.

Humour et exotisme:

Cette seconde photographie montre un groupe d’hommes portant des déguisements de méharistes et sont armés de fusils. Ce qui ressemble à une caisse à munitions, à l’avant-plan, porte une inscription « Au pays du Négus ».
Cette photo a aussi été imprimée sur carte postale, avec une adresse en Belgique au crayon reportée au dos.

 
L’exotisme dans l’humour ne semble pas rare comme en témoigne aussi cette autre carte, trouvée sur un site de vente en ligne:

Mouvement charismatique & pentecôtisme en Ethiopie

Mouvement charismatique & pentecôtisme en Ethiopie
Identité & religion

Serge DEWEL
Paris, L’Harmattan, 2014, 256 pages

Depuis la chute du régime marxiste éthiopien, en 1991, les « Nouvelles Eglises » ne cessent de prendre de l’ampleur dans ce pays chrétien depuis le 4ème siècle. Le phénomène est à ce point remarquable que nombre d’observateurs n’hésitent pas à affirmer la mutation religieuse d’une des plus anciennes chrétientés du monde.

Si telle est l’apparence, les faits démontrent, cependant, qu’aucune métamorphose religieuse ne se produit, mais que l’affirmation identitaire régionale, sans doute encouragée par la proclamation de la république fédérale «ethnico-linguistique », est de plus en plus aigüe.
L’auteur prend le temps de définir les concepts religieux liés à la liturgie pentecôtiste et charismatique et à leur contexte. Après avoir replacé l’arrivée du pentecôtisme en Ethiopie dans la dimension historique et sociale, il propose une nouvelle lecture des statistiques en démontrant la dimension régionale, plus que nationale, du phénomène charismatique et pentecôtiste en Ethiopie.

L’analyse du phénomène, contemporain, est conduite au regard de l’histoire sociale et politique du pays.

JOURNEE D’ETUDES ETHIOPIENNES 16/05/2014

L’Ethiopie dans le regard des autres

Vendredi 16 mai 2014 de 9h00 à 17h00
INALCO Auditorium : 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris













photo Serge DEWEL


PROGRAMME

9h00 – 9h25 Accueil

9h30 – 9h40
Présentation de la journée par Delombera NEGGA (INALCO, PLIDAM)

Président de séance : Ursula BAUMGARDT

9h45 – 10h15
Bairu TAFLA (PU – Hamburg Universität – Germany)
From Parzival to Maskal (1215-2003): A Survey of Historic Ethiopia’s
Reflections in German Literature

10h20 – 10h50
Jean-Charles DUCENE (DR – EPHE – Paris)
Une vision ottomane de l’Ethiopie : la mission de Sadık ül-Müeyyed al-‘Azm auprès de Menelik II en 1904

10h55 – 11h25
Basma ZEROUALI (MC – École française d’Athènes)
Deux Grecs de Smyrne « aux royaumes de Ménélik »

11h30 – 11h45 Pause-café

Président de séance : Benjamin VOLFF

11h50 – 12h20
Josef SCHOVANEC (Chercheur – EHESS – Paris)
L’Ethiopie vue depuis la Perse : des contacts commerciaux à un imaginaire partagé, aperçu de plus de vingt siècles de littérature

12h25 – 12h55
Robert ZIAVOULA (PU – INALCO, CESSMA)
Territoire et regards d’assignation

13h – 14h Pause déjeuner

Président de séance : Delombera NEGGA

14h10 – 14h40
Beseat KIFLÉ SÉLASSIÉ (Ancien directeur du FFIPC/UNESCO)
L’Ethiopie au regard du panafricanisme et de la renaissance africaine : à la lumière de la pensée d’Aimé Césaire

14h45 – 15h15
Boris ADJEMIAN (Conservateur de la bibliothèque Nubar, CEMAF – Paris)
Des représentations des étrangers en Éthiopie aux représentations de l’Éthiopie dans la mémoire d’une immigration étrangère : le cas des Arméniens du XIXe au XXe siècle

15h20 – 15h30 Pause-café

Président de séance : Basma ZEROUALI

15h35 – 16h05
Serge DEWEL (Doctorant – EA CREE – INALCO – Paris)
Une tentative belge de colonisation en Ethiopie : le voyage du consul-général Blondeel (1840-1842)

16h10 – 16h40
Estelle SOHIER (historienne, Université de Genève)
Jeux de miroir : lecture et usage des médias étrangers par la royauté éthiopienne de Menilek II à Haylä Sellasé (1880-1936)

16h45 – 17h15 Discussions

17h20 – 17h30
Benjamin VOLFF (Historien – CESSMA – INALCO)
Bilan de la journée – Clôture

Manifestation scientifique subventionnée par le CS de l’INALCO

Conférence internationale des études éthiopiennes (ICES) : 2015

Le Department of African Languages and Cultures de l’université de Varsovie organisera la 19ème conférence internationale des études éthiopiennes (ICES), du 24 au 28 août 2015.

Informations et mises à jours sur:
http://wwhttp://www.ices19.uw.edu.pl/w.ices19.uw.edu.pl/

Photo Serge DEWEL


L’Occident reste le principal investisseur en Afrique, selon Alemayehu Geda.

Selon Alemayehu Geda (http://www.alemayehu.com), professeur d’Economie à l’Université d’Addis Abäba, l’Occident demeure le principal investisseur en Afrique, loin devant la Chine.


« The conclusion one would make from all the media coverage and even the views of ordinary people is that China is this huge foreign investor.

« Yet 90 percent of the (cumulative) foreign direct investment into Africa is still from the West, the United Kingdom, France and the US. China’s contribution is actually quite small. China combined with India is less than 6 percent. This gets lost in all the reports, »
(…)

Voir ci-dessous le texte de l’article paru dans China Daily:
http://africa.chinadaily.com.cn/weekly/2014-03/14/content_17347114.htm



Bibliographie:
Alemayehu Geda (2002), Finance and Trade in Africa : Macroeconomic Response in the World Economy Context, Basingstoke, Palgrave MacMillan.

(amazon.fr)

Une tentative belge de colonisation en Ethiopie (1840-1842)

Une tentative belge de colonisation en Ethiopie : le voyage du consul-général Blondeel (1840-1842)
Edouard Blondeel van Cuelebroeck (Gand, 14 décembre 1809 – Madrid, 18 septembre 1872) fut nommé, en 1837, consul (puis consul-général) du royaume de Belgique à Alexandrie, auprès du vice-roi d’Egypte Muhammad-Ali. Il eut à cœur de rassembler des informations et témoignages sur les régions de la mer Rouge. Avec l’aval du souverain Léopold Ier et du gouvernement belge, il entreprit un voyage d’exploration en « Abyssinie », de 1840 à 1842. L’objectif de son expédition en Erythrée et en Ethiopie était, sans aucune équivoque, l’établissement de comptoirs commerciaux et d’une colonie belge.

Blondeel, à la suite de Combes & Tamisier et Lefebvre, voyagea en Ethiopie en même temps que les frères d’Abbadie et les officiers Ferret et Galinier ; il se trouvait ainsi en Ethiopie pendant le laps de temps qui sépare les deux voyages de Rochet d’Héricourt. Contrairement à la plupart de ses contemporains, Blondeel ne fit pas publier le récit de ses aventures ou ses observations, nonobstant les nombreux rapports envoyés en cours de mission et le rapport général de mission rédigé en 1843 après son retour.

Bien qu’absolument pas inconnu, cet épisode n’a, pour ainsi dire, pas été étudié ; peut-être aussi à cause du non aboutissement de la tentative coloniale. Hormis quelques mentions de cette expédition dans des articles des années 1900-1920 consacrés à l’histoire coloniale belge, une seule étude a été publiée, en 1953. Cette monographie, qui fut ensuite citée par d’autres auteurs, s’appuyait sur une copie manuscrite et postérieure de 50 ans du rapport général de Blondeel datée de 1899 et sur des copies de lettres, mais pas sur les documents originaux qui ne sont pas cités. Nous avons retrouvé les documents originaux (rapport et lettres) aux Archives du Palais royal de Bruxelles dans le Cabinet de Léopold Ier (et quelques lettres originales dans les Archives des Affaires Etrangères).

Dans les rapports et lettres du consul-général, nous retrouvons les grandes figures politiques éthiopiennes de l’époque, rencontrés au hasard des routes ou dans les cours seigneuriales d’un Etat alors très décentralisé: ras  Ali, Wәbe du Sәmen, Gošu du Gojjam…

  
Edouard Blondeel van Cuelebroeck 
(lithographie de J. SCHUBERT, Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale)

Ouverture d’un centre d’études africaines en Ethiopie

L’Université de Bohême de l’Ouest (Plzen) a annoncé l’ouverture d’un Center for African Studies en Ethiopie, en partenariat avec l’Université de Jimma. Ce centre est une extension du Center for African Studies (fondé en 2012) du département d’Histoire de la Faculté de Philosophie de l’Université de Bohême de l’Ouest (http://www.africa-pilsen.com/).

Le Center for African Studies de Plzen est aussi le promoteur d’un réseau des études africaines en Europe centrale : le Central European African Studies Network(http://www.africa-pilsen.com/index.php/ceasn) et dont le site internet devrait être accessible prochainement.


Si l’on considère que plus d’un milliard de personnes vivent en Afrique sub-saharienne et que l’Ethiopie est la seconde population du continent, les ressources européennes en matière de recherche scientifique sur l’Afrique restent faibles. Cette nouvelle institution et collaboration académiques ne font que s’inscrire dans ce qui devrait être une logique épistémologique.

Manuscrit d’Abba Garima (Ethiopie) sur France Culture (22 minutes)

Remettant en cause la datation par Jules Leroy des manuscrits d’Abba Garima (Garima 1 et 2), Jacques Mercier (CNRS) affirme l’existence de « l’école aksoumite de peinture » (voir les communications sur le site de l’Ethiopian Heritage Fund). En effet, selon Mercier, ces manuscrits seraient nettement plus anciens. Par ailleurs, il tente de démontrer que le Garima 2 est un produit éthiopien (et pas copte). D’autre part, ces manuscrits auraient donc été rédigés en gue’eze aksumite, jusqu’à présent seulement connu par des inscriptions courtes.

http://www.franceculture.fr/emission-chretiens-d-orient-enquete-inattendue-sur-un-manuscrit-ethiopien-



Photographie d’un folio illustré du manuscrit de Garima 1 (tables) © J. MERCIER

Depuis mai 2012, le monastère d’Abba Garima, à Adwa, est complété d’un musée destiné à favoriser la conservation du trésor ecclésial :
http://www.ambafrance-et.org/Inauguration-du-musee-Abba-Garima

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